Faust Cardinali, en scène !

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. »

Cette phrase de Marcel Proust m’est revenue à l’esprit en découvrant en mars dernier l’exposition de Faust Cardinali à la Galerie MiniMasterpiece, à Paris.

Ses étonnants bijoux-sculpture sont de plus en plus de véritables épiphanies.

Cette fois-ci l’artiste à créé lui même sa scénographie/installation: une ville miniature s’érige dans un espace métaphysique, où les bâtiments sont évoqués par des volumes minimalistes, les murs sont tagués de mots clés évocateurs d’une fin du monde joyeuse et poétique. Un personnage des aventures de Tintin, un Monsieur Dupont peint en blanc, erre parmi les volumes, ayant perdu pas seulement le nord mais aussi son double, englouti dans cet univers laiteux d’où émergent les bijoux, transformés par l’échelle renversée de la mise en scène en monuments d’un monde qui est en même temps passé et futur, réel et imaginé.

A travers les lignes qu’il a tracé entre ses oeuvres, l’artiste nous plonge au coeur de ses matières et de ses formes, assemblées d’une façon inédite et savante.

Spectaculaire le « obtorto collier », où le pain carbonisé, sculpté à travers un processus mystérieux, se transforme en minéral précieux.

La bague/peigne « barofen » évoque le mouvement d’une main entre les cheveux…

Le voyage au royaume de Faust nous nous amène à la découverte de nouveaux paysages, et aussi à avoir de nouveaux yeux.

by Cara, mai 2020

 

Tutti Pitti par Cara, notre correspondante à Florence

Comme dans les marchés du bétail Pitti permet de déployer les meilleurs exemplaires élevés le long de l’année .

Chaque éleveur apporte ses bêtes et essaye de les vendre au meilleur prix. Dans la masse tout se mélange et finalement les vaches se ressemblent toutes et deviennent invisibles.

Tout cela s’agite autour des habitués qui attendent ce rendez-vous pour se saper ad hoc et parcourir la Croisette locale à l’intérieur de la forteresse dans l’espoir d’être remarqués et photographiés, ce qui dans la multiplication médiatique de plus en plus poussée équivaut à paraître sur les écrans du globe  abusés et désormais inutiles. Ainsi les caricatures du dandy d’autrefois montrent leurs chevilles nues entre leurs mocassins et leurs pantalons courts, sans se soucier du froid polaire.

FullSizeRender FullSizeRender-2La fausse neige du pavillon Zegna nous a donné le seul réconfort : dans un silence doucement rompu par un écho d’avalanches lointaines l’armée élégante en tenue de sky années vaguement 70 nous prouve que la discrétion peut encore tracer une voie pour l’élégance humaine.

Gil Rigoulet, photos inédites de Molitor en 1985

Un coffret inédit de photographies de la piscine Molitor en 1985 par Gil Rigoulet nous replonge dans l’univers du lieu mythique. Images exclusives et intemporelles, on retrouve l’artiste en immersion totale au bord de l’eau, près des cabines numérotées ou du bar le Pacific Molitor.

Tirages argentiques et polaroid couleur compose ce coffret inédit édité en 400 exemplaires par The (M) editions.

Le livre coffret sera en vente pendant Paris Photo à la librairie 7L, Karl Lagerfeld, rue de Lille à Paris, à la librairie d’art d’Artcurial et à partir du 20 novembre chez Claire de Rouen Books à Londres, à la librairie de Carla Sozzani à Milan et sur le site www.the-m.fr.

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La Méduse de Sheila Concari by Cara

 

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Medusa SuiteSpécialiste du slalom entre les disciplines, Sheila Concari met en scène sa dernière incarnation: Méduse. A travers une série de dessins, vidéos et sons, le mythe habite l’espace et se fige dans l’oeuvre la plus spectaculaire de cette exposition. La « Pink medusa » qui nous accueille est une sculpture en peau de python, dont la fabrication demeure un mystère.

Le résultat est visuellement étonnant et conceptuellement complexe. Nous avons été littéralement médusés face à une cascade de formes tentaculaires qui semblent venir de temps anciens et en même temps d’un futur qui englobe l’histoire de l’homme pour en garder la magie ad vitam aeternam. La vidéo d’un déroulement infini semble nous rappeler que la vie a existé dans cette matière maintenant figée, et les voix de la bande son nous rappellent la présence d’Emmanuelle Riva, qui avait récemment été l’interprète magistrale du spectacle « Medusa Suite », écrite et réalisé par l’artiste à la Villa Médicis à Rome. Les paramètres spatio-temporels sont bouleversés et nous rassurent: la mémoire est un formidable antidote.

jusqu’au 25 février

à la galerie Dix9, rue Filles du Calvaire, Paris 3ème

Déjeuner sur l’herbe (détail) by Alain Jacquet

L’oeil du Collectionneur … Serge Aboukrat n’a pas résisté au travail de Alain Jacquet

 

En 1964, Jacquet réalise sa première œuvre de « Mec’ Art » : Le Déjeuner sur l’Herbe. Oeuvre phare de Jacquet voire le fondement d’une grande part de sa démarche artistique ultérieure. Jacquet transforme le cliché photographique original : il agrandit la trame jusqu’à déformation et fait apparaître, au premier plan, les points de la photographie. Le point ainsi agrandi camoufle l’image autant qu’il la constitue.

Mec’art (abréviation de Mechanical Art) désigne un courant artistique en Europe, dont fait partie Alain Jacquet. Pierre Restany, l’organisateur de cette exposition manifeste, d’octobre 1965, décrit le mec-art comme non pas un mouvement mais « un label expérimental ».

Ici, un détail du Déjeuner sur l’herbe (sérigraphie sur tissu éponge monté sur châssis en bois) édité en série limitée. En vente, Serge Aboukrat Editions (prix sur demande). Format 136X136 Contact au +33 6 80 59 13 20