La Méduse de Sheila Concari by Cara

 

sheila - pink medusa- détail

 

 

 

 

 

 

 

 

Medusa SuiteSpécialiste du slalom entre les disciplines, Sheila Concari met en scène sa dernière incarnation: Méduse. A travers une série de dessins, vidéos et sons, le mythe habite l’espace et se fige dans l’oeuvre la plus spectaculaire de cette exposition. La « Pink medusa » qui nous accueille est une sculpture en peau de python, dont la fabrication demeure un mystère.

Le résultat est visuellement étonnant et conceptuellement complexe. Nous avons été littéralement médusés face à une cascade de formes tentaculaires qui semblent venir de temps anciens et en même temps d’un futur qui englobe l’histoire de l’homme pour en garder la magie ad vitam aeternam. La vidéo d’un déroulement infini semble nous rappeler que la vie a existé dans cette matière maintenant figée, et les voix de la bande son nous rappellent la présence d’Emmanuelle Riva, qui avait récemment été l’interprète magistrale du spectacle « Medusa Suite », écrite et réalisé par l’artiste à la Villa Médicis à Rome. Les paramètres spatio-temporels sont bouleversés et nous rassurent: la mémoire est un formidable antidote.

jusqu’au 25 février

à la galerie Dix9, rue Filles du Calvaire, Paris 3ème

Déjeuner sur l’herbe (détail) by Alain Jacquet

L’oeil du Collectionneur … Serge Aboukrat n’a pas résisté au travail de Alain Jacquet

 

En 1964, Jacquet réalise sa première œuvre de « Mec’ Art » : Le Déjeuner sur l’Herbe. Oeuvre phare de Jacquet voire le fondement d’une grande part de sa démarche artistique ultérieure. Jacquet transforme le cliché photographique original : il agrandit la trame jusqu’à déformation et fait apparaître, au premier plan, les points de la photographie. Le point ainsi agrandi camoufle l’image autant qu’il la constitue.

Mec’art (abréviation de Mechanical Art) désigne un courant artistique en Europe, dont fait partie Alain Jacquet. Pierre Restany, l’organisateur de cette exposition manifeste, d’octobre 1965, décrit le mec-art comme non pas un mouvement mais « un label expérimental ».

Ici, un détail du Déjeuner sur l’herbe (sérigraphie sur tissu éponge monté sur châssis en bois) édité en série limitée. En vente, Serge Aboukrat Editions (prix 1000 euros encadré/livraison Paris/délai 15 jours ). Format 145X145 Contact au +33 6 80 59 13 20 et Galerie www.artphotoby.com

Sacha Goldberger … De l’humour pour religion

Ces temps-ci, il pleut à verse. Il pleut des phrases abjectes, imbéciles, terri- fiantes. Partout. Elles sont partout. Yvan Attal a raison. « Il n’y a pas point de petite haine. La haine est toujours énorme. Elle conserve sa stature dans le plus petit être et reste monstre. Une haine est toute la haine. » (Victor Hugo).

« Avec Ben Bensimon mon co-auteur, précise l’artiste, nous avions envie de montrer une autre vision du judaïsme, dans une période où la parole antisémite rede- vient banale. Par ces images, nous avons voulu poser sur la religion juive, un regard positif, poétique, spirituel et humoristique, une façon de lutter contre les idées reçues. En photographiant ces femmes et ces hommes objets de tant de préjugés, nous avons pu observer leur capacité à l’autodérision et leur aptitude à faire partager leur joie. »

Pour combattre l’antisémitisme, sa désin- hibition crasse et fiérote – car ces temps- ci, certains sont devenus si fiers de leur haine qu’ils la revendiquent, la crient sur tous les toits, la déversent sur la toile comme s’ils n’avaient plus rien d’autre que ça pour se remplir ou exister –, pour tordre le cou aux regards obliques et torves, aux paroles ignorantes, aux préju- gés ou aux fantasmes sombres qui se posent sur les juifs et qui s’accrochent à eux comme une tique sur le dos d’un chat, il existe quelque chose dont seuls les hommes sont capables : l’humour.

Les hommes en noir qui portent des chapeaux s’amusent devant l’objectif de Sacha Golberger, à coincer leurs longues barbes dans les portes d’entrée ou de voiture, une pile de livres entre les mains grosse comme une montagne, assis s’ins- truisant sur la machine à laver d’un lavomatic, ils s’amusent campés sur une mobylette, perchés priant sur un poteau, une poubelle de rue, un feu de signalisa- tion, ils s’amusent avec un masque de Batman sur la tête. À travers ces images, ce que l’on voit, c’est l’amour, la joie, le plaisir, la foi, la connaissance et la passion de la transmission.

Et lorsque l’on cherche dans le diction- naire un synonyme de ce mot, voici ce que l’on trouve : dérision, esprit, fantaisie, gaieté, ironie, plaisanterie, sel et verve. Une foule de noms qui racontent et embrassent la série de photographies de Sacha Golberger sur les Loubavitchs de Brooklyn à New-York, exposée du 15 juin au 19 juillet à la mairie du ive ar- rondissement de Paris dans le cadre du Festival des cultures juives.

C’est drôle, c’est émouvant. Et cette fois, ici, c’est le sourire qui gagne. Julie Estève

Merci à Julie de me laisser reproduire son texte !!!! et bravo à vous deux d’écrire et de capturer nos temps troubles avec humour et bienveillance

Belle expo mon cher Sacha ….

Exposition du 15 juin au 9 juillet 2016 – Mairie du IV ème arrondissement
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Glamour, Géomètrie, mystère : les kimonos Junko Koshino by Cara

Junko Koshino semble sortir de ses créations: entourée d’une robe kimono verte et noire, elle parcourait les salles du musée Guimet, où se déploie la collection de la célèbre maison Matsuzakaya, fondée en 1611. Pour la première fois hors du Japon ce défilé impressionnant se déroule hiératiquement à travers les salles, nous plongeant dans des traditions anciennes en contre chant avec les créateurs  qui se sont ouvertement inspiré de ce vêtement japonais par excellence: Saint-Laurent, Jean-Paul Gaultier, John Galliano… Et, last but not least, elle : l’étonnante fashion designer Junko Koshino, intelligente incarnation d’une personnalité entre passé et futur. Glamour, géométrie, mystère 000_lw5vz: les trois kimonos contemporains signés Koshino s’imposent par leur magie et nous transportent dans un monde où flottent des femmes guerrières, séduisantes dans leurs charmantes armures faites de légèreté et de force, presque futuristes ou peut être éternelles.